Hurt And The Merciless : le dernier album du groupe The Heavy fait sa révolution en douceur

Vous ne le savez peut-être pas, mais vous avez sûrement déjà entendu une chanson du groupe The Heavy. Ce peut être leur premier succès How Do You Like Me Now ?, usé jusqu’à la corde dans de nombreuses séries, The Vampire Diaries, Community ou Entourage, films, Ted ou G.I. Joe : Retaliation, spots publicitaires, Kia ou PokerStars, ou jeux vidéo. Ou alors une chanson issue de leur précédent album The Glorious Dead, comme Same Ol’ dans le dernier Tarantino The Hateful Eight, ou Don’t Say Nothing dans Kingsman : Services Secrets.

Etonnamment, c’est peut-être à la radio que vous aurez le moins de chances d’écouter une de leurs chansons. Malgré leurs succès dans les médias visuels et dans de nombreux festivals, ils n’ont toujours pas franchi la barre du mainstream. Ce quatrième album pourrait être celui qui leur fera passer le cap pour de bon.

Pour ceux qui connaissent déjà The Heavy, on ne peut pas dire qu’ils seront franchement dépaysés par ce nouveau disque, tant il se situe dans la lignée du précédent, avec des rythmes soul et rock, alors que leurs deux premiers albums avaient été beaucoup plus loin dans l’originalité et l’éclectisme, comme si The Heavy s’était décidé à s’en tenir à un style plus définissable pour gagner en lisibilité et visibilité. Rien d’expérimental dans cet opus, juste du bon heavy rock et de la mélodie.

L’album ouvre avec Since You’ve Been Gone, énergique et bruyant, il permet d’entrer de plein pied dans le vif du sujet. Avec la voix vraiment très soul du chanteur Kelvin Swaby, qui est belle sans être transcendante, ce sont surtout les paroles des chansons qui marquent la plus grande évolution du groupe. Avec des phrases telles que “Yeah, I can’t have you back in my bed/I’m thinking that I’m better off dead” dès la première chanson, ou “But it’s so good to see you drowning in my misery” dans A Ghost You Can’t Forget, on découvre là une noirceur et un pessimisme absents des opus précédents, alors que la guitare reste positive.

Des expériences personnelles des membres du groupe ont entraîné ce virage, pas à 180 degrés mais presque, vers des textes beaucoup plus ténébreux, portant essentiellement sur le divorce, les cœurs brisés et la dépression. Même si cette profondeur inédite peut dérouter de prime abord, elle est plutôt de bon aloi et se marie étrangement bien avec leur style musical qui, lui, n’a pas changé. On retrouve ainsi les mêmes chœurs que dans l’album précédent, permettant de sublimer la voix du chanteur.

Mais il n’est pas le seul talent du groupe loin de là. Le batteur Chris Ellul a son moment de gloire dans Last Confession, tandis que la guitare hard rock de Dan Taylor se lâche dans Slave To Your Lord, et que la basse de Spencer Page rythme admirablement chaque titre.

En résumé, The Heavy, avec Hurt And The Merciless, a semble-t-il trouvé son rythme de croisière et son style propre. Et si ceux qui s’attendaient à de nouvelles expérimentations musicales seront peut-être déçus de l’apparente conformité de l’album, il ne faut absolument pas en retirer la qualité de celui-ci car, malgré tout, The Heavy ne ressemble à personne d’autre. Et cet album est une parfaite description de que The Heavy, le groupe originaire de Bath, est. A découvrir sans la moindre hésitation.