Images évanescentes et dessins absents

Claire Daudin, Maison des Arts Plastiques Rhône-Alpes Auvergne, exposition du 4 au 20 mai 2017

Les bâtiments sont autant de sujets que Claire Daudin met en lumière, en soustrayant de la matière. C’est le cas dans la série Phénomènes, devant laquelle, happé par le fusain noir recouvrant une surface élimée, le spectateur parvient à reconnaître les traits gommés de quelques architectures emblématiques de Lyon. Qu’elles soient en travaux ou temporairement à l’abandon, elles suggèrent un état d’entre-deux, changeant de forme ou de fonction.

Inspirée par la gravure, Claire Daudin dessine au cutter, sur des fragments de placoplâtre, eux même vestiges de bâtiments toujours en pleine transformation. Cette série se déploie dans l’espace de la galerie, évoquant alors un paysage urbain morcelé proche des plans de Paris de Guy Debord et des Situationnistes.

L’artiste travaille sur l’architecture avec un regard quasi archéologique, scrutant ce qu’il advient ou ce qu’il reste des constructions et des quartiers.  Quelque que soit son support, le dessin, fixe par essence, semble ici en perpétuel mouvement. Les images apparaissent et disparaissent, comme des photographies que l’on développe, comme des fantômes ou des souvenirs qui nous échappent lorsqu’on croit les saisir.

Cet intérêt particulier pour la mémoire, Claire Daudin l’explore depuis plusieurs années, en intervenant directement sur des photographies, comme notamment dans l’œuvre Résurgences, série berlinoise, où l’exactitude architecturale laisse place à une image évanescente.

Attribuée au chimiste Antoine Laurent Lavoisier la maxime « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » pourrait évoquer ce travail touchant, adressé directement et sans artifice au visiteur dont l’expérience des lieux et de leurs évolutions est toujours extrêmement personnelle.

Une exposition malheureusement trop courte, qui invite toutefois à rester très attentif au parcours Claire Daudin !

 

mapra-art.org

clairedaudin.com