Rencontre au sommet avec Frànçois and the Atlas Mountains !

L’Afrique et les années Skins

Sous la véranda du bureau parisien du Label Domino Records, nous évoquons nos aventures dépaysantes avec le chanteur de Frànçois and the Atlas Mountains. Durant l’été 2013 il parcouru l’Afrique, du Sénégal au Bénin en passant par le Burkina Faso, pour collaborer avec des artistes locaux. De ce périple, il a rapporté des dessins, des photos, 4 titres enregistrés sur son précédent album « L’homme tranquille », et surtout des sonorités qui imprègnent toujours les compositions du nouvel opus. Mais avant cela, sa première épopée musicale l’a conduit en Angleterre. Alors qu’il est professeur de Français à Bristol, il gratte furieusement sa guitare dans les bars de la ville. « Je me suis rendu compte que mon énergie créative pouvait être utilisée d’une nouvelle manière. A Bristol j’ai découvert les sons Low-Fi avec des manipulations de bandes magnétiques, ensuite j’ai trouvé une manière à moi de faire de la musique».

Il partage rapidement la scène avec des artistes locaux et se rapproche des acteurs majeurs de la scène anglaise. Alors que la saison 1 de Skins vient de sortir, un titre dénote dans la sélection. Les guitares mélancoliques du titre « Royan », font place aux paroles françaises prononcées par Frànçois Marry, seul chanteur hexagonal dans cette série emblématique 100% anglaise. Durant 7 ans, il enchaine les concerts en appartement, dans des petits cafés, et les petits boulots dont il comble les temps morts en dessinant ce qui deviendra la pochette de son précédent album « les anciennes falaises ». De fil en aiguille, le français badine avec le Label Dominos, qui a déjà signé les groupes anglais qui ont redoré le blason du rock anglais tels que les Arctic Monkeys et Franz Ferdinand. Si le rock fait partie de l’ADN de Frànçois and the Atlas Mountains le projet a mûri au rythme des rencontres humaines et sonores.

 

Vers une musique régénérative

Frànçois, tout d’abord seul sur scène, s’est entouré d’une équipe évolutive. Après une succession de tournées durant lesquelles le groupe « brûle son énergie », Frànçois rencontre Amaury Ranger, actuel bassiste et percussionniste du groupe, en Charentes Maritime, qui le remet sur pied. Pierre Lousteau, occupant anciennement une place au chant, clavier et guitare, s’est éloigné pour développer son projet solo, « Petit Fantôme » auquel Frànçois a eu l’occasion de participer. Il a été remplacé par « le Colysée », artiste belge dont la musique fait le pont entre la pop indé et l’afrobeat, qui apporte une griffe digitale à Frànçois and the Atlas Mountains en manipulant son ordinateur « comme un adolescent dans les années 90 manipulait une guitare ».

Dans le projet Frànçois and the Atlas Mountains la collaboration occupe une place centrale, non seulement au sein du groupe mais également tourné vers l’extérieur. Ainsi, l’idée émerge de faire des embranchements de l’album « Solide Mirage » en collaborant avec des artistes locaux. Le concept est le suivant : envoyer des morceaux d’enregistrements vocaux ou instrumentaux à d’autres musiciens qui se les réapproprient et font bourgeonner ces co-créations. Les boutures ont notamment pris à Marseille sous la patte de l’artiste Johnny Hawai qui s’en est nourri pour donner naissance à une musique d’ambiance inspirée. Le label « Another » s’est prêté au jeux en conseillant certains des artistes qui l’entourent pour collaborer sur ce projet. « L’objectif c’est de trouver un mode de fonctionnement qui me permette de me régénérer avant tout » confie l’artiste.

La force des mots

Si une partie du rock français actuel se conforte dans une pop légère et descriptive, Frànçois entonne un message de fond à celui qui tend l’oreille. Le message délivré, que seul sa langue maternelle permet d’exprimer précisément, tranche avec la musique qui l’accompagne. « Je voulais une musique qui paraisse guillerette de prime abord, et que, les personnes qui souhaitent creuser, puissent tomber sur davantage de matière ». Cette volonté d’aller au-delà de la forme lui vaudra les foudres de la presse britannique qui, ne comprenant pas le sens des paroles, se sera focalisée sur la musique, perdant en route l’essence de la musique de Frànçois : une épopée réflexive sur un monde divisé et inégal. Le message est particulièrement perceptible en visionnant les clips vidéo qui accompagnent les chansons de son nouvel album. Dans « Tendre est L’âme » la classe sociale dominante et écrasante est personnifiée par un quinquagénaire sérieux, se moquant du protagoniste dont l’appartenance à la classe ouvrière est symbolisée par l’immanquable bleu de travail porté par ce dernier. Le décalage est évoqué dans « Grand Dérèglement » par un danseur de Dabkhé qui déambule dans un palais de Justice vide suggérant l’incapacité des institutions publiques à faire une place à la culture orientale, à laquelle Frànçois, pour sa part, fait une place privilégiée aussi bien dans ses morceaux que sur scène.

« Solide Mirage » rompt avec ce que Frànçois and the Atlas Mountains ont pu faire par le passé. A la fois par la composition musicale à laquelle une nouvelle formation a donné naissance, mais également par la sévérité des thèmes abordés. Frànçois exprime ce qu’il voit, met les mots sur ce qu’il ressent, et continu son évolution et son avancement avec, pour seul objectif, l’honnêteté du message délivré.

Dates de la tournée de Frànçois and the Atlas Mountains :
http://www.francoisandtheatlasmountains.com/

Retrouvez les chansons du groupe sur leur Soundcloud :
https://soundcloud.com/francoisatlasmountains

Editions limitées de la cassette Jhonny Hawai mix avec les sons des François and the Atlas Mountains :
http://lastationradar.com/johnnyhawaii_francoisatlas.php